Allez, je me lance dans ma petite analyse de la bête...
Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band: Une chanson d'une très grande puissance, très hard rock avec sa rythmique de guitare et surtout la voix de Paul (mais qu'est-ce qu'il envoi l'enfoiré!!!), quand tout à coup, et c'est là que le grand Paul McCartney fait son apparition, le bonhomme d'un quatuoer de cors vient se mêler à l'histoire. Polyphonie à trois dans les règles de l'art, et la chanson évolue du mieux qu'elle peut pour aller jusqu'à ce
Cheeeeeeeeeeeeeeeers!!!!
With A Little Help From My Friends: Eh oui, il fallait bien la chansonette à Ringo... Mais sur Pepper, Paul ne veut rien laisser au hasard. Il écrit donc une superbe complainte, et tout à fait dans la tessiture du batteur qui plus est (il faut dire que notre cher Ringo n'est pas un vocaliste de légende

D ), dans laquelle s'installe un dialogue savoureux entre lui et le duo Lennon/McCartney. Un finesse à déguster sans modération!!!
Lucy In The Sky With Diamonds: Que dire sur ce morceau qui n'ait déjà été dit??? Lennon fait sa traditionnelle incurtion dans le psychédélique, sur un son d'orgamone grinçant, alternant entre voix clair et détimbrée et son du fond du bocal, avant d'être rejoint par la dynamique de Paul... LSD dites-vous? Lennon parle d'un dessin de Julian... moi je crois à la théorie du LSD
Getting Better: Une chanson fort sympathique de Paul, s'inscrivant dans la veine des Beach Boys avec cette ployphonie qui se construit en canon. On ne la sent pas passer je trouve, et ce fameux bourdon qui nous plonge dans la musique indienne est à chaque fois un plaisir.
Fixing A Hole: Paul feri-t-il lui aussi dans cette chanson une allusion à l'univers de la drogue??? On n'est pas sans savoir que Paul, même s'il avait un comportement plus réfléchi par rapport à ça pour ne jamais faire d'excès, a quand-même goûté aux joies de la défonce. Toujours est-il que cette chanson est remarquable par sa complexité harmonique, saupoudrée par un clavecin pétillant.
She's Leaving Home:
LE bijou de cet album. La première écoute m'a accrochée, la seconde m'a calmée, et depuis la troisième je suis fan

. Ce dialogue entre Lennon et McCartney dans le refrain, ces harmonies de septièmes, neuvièmes même qui se déroulent tout le long de la chanson, ponctuées par une harpe cristaline...
Je me souviens de cette histoire à propos de ce chanteur (quelqu'un pourra peut-être me dire de qui il s'agit) dont le but en musique était d'égaler le génie des Beatles et qui, lorsqu'il a entendu cette chanson pour la première fois, a abandonné la musique. Cette chanson est un carnage, un joyau, une perle

Being For The Benefit Of Mr. Kite: Hihihi, encore du Lennon. Comment faire une chanson? 1°) Promenez-vous dans Liverpool et décollez une affiche de cirque d'un mur. 2°) Recopiez les paroles et mettez-les en musique. 3°)Ajoutez à ça la petite dose d'effets (bandes etc...) et faites reposer à la sauce Martin. Ca y est! Vous tenez un chef-d'oeuvre (Lennon en était particulièrement fier d'ailleurs). J'adore ce morceau, il est de ceux qui vous interpellent à la première écoute. On se croirait dans un cirque funèbre, où les clowns jonglent avec des crânes et les monstres sont nombreux... un cirque à la Tim Burton.
Lennon disait que cette chanson aurait pu figurer sur tout autre album que Pepper... je ne suis pas du même avis. Pour moi, le son de Pepper est pour beaucoup dans cette chanson.
Whithin You Whithout You: Si avec ça on n'a pas compris qu'Harrison est tombé amoureux de l'Inde, on a de sérieuses questions à se poser. Sa voix y est sensuelle, sulfureuse même... une chanson à faire l'amour

. Le marriage orchestre à cordes/orchestre indien y est des plus judicieux. La mesure irrégulière dénotte de l'oreille musicale de Georges. Petit bonus pour la section instrumental au centre du morceau.
When I'm Sixtie Four: Le morceau que j'ai préféré à la première écoute, et ce pour la simple et bonne raison que je suis clarinettiste, et que l'accompagnement y est assuré par un quatuor de clarinette. J'ai aussi toujours été séduit par sa consonnance de cabaret anglais. Un kitch avoué, mais tellement savoureux! Ce n'est plus mon favoris maintenant, mais je l'écoute toujours avec un réel délice!
Lovely Rita: Un étrange morceau en vérité... Lennon était-il le seul à savoir écrire des morceaux qui ne ressemblent à rien d'autre??? La preuve que non. Paul nous signe ici une magnifique bizarrerie, mise en relief par les performances buccales de John et Paul. Entre les WIIIZ et les Hâââ de John les Dap Dap Dap de Paul, les savantes interventions de piano... Mention spéciale aux bruits de locomotive pendant "In the cap she looked much older"...
Good Morning Good Morning: Cocoricoooo

1° bis) Ou alors, regardez la télévision et restez bloqué devant une publicité pour des céréales... Et oui, ça marche aussi

. Petit clin d'oeil

aux musiciens (et à Paul notamment) avec sa mesure à 10/4 (et là, toujours cul-cul, le Lennon?), enrichi par un explosif quatuor de sax... étonnemment enregistré d'ailleurs. Et on fini par le jeu du chat et de la souri... par qui la guitare sera-t-elle mangée???
Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band, Reprise: Le meilleur exemple de la reprise je crois. En effet le tempo est différent, la dynamique y est toute autre... bref ce n'est pas une simple reprise mais un morceau à part entière. De plus, par cette pirouette, Paul referme la boucle du Spectacle du Sergent Poivre qui remballe ses affaires et s'en retourne chez lui, non sans remercier son public.
A Day In The Life (ou "Comment faire d'un boeuf en studio une des chansons les plus réussies de l'histoire du rock?"): Une pure merveille!!! Toute en simplicité... Un piano sobre, mais tellement profond, joué par un Paul McCartney qui a laissé pour l'occasion sa basse à Georges, une guitare dépouillée, dénudée ,et voix expressive comme il n'est pas permis de l'être. "I read the news today, ho boy..." et c'est là que la magie de Ringo opère. Rien... huit malheureux coups de baguettes sur ses toms et sa cymbale... et pourtant!!! Quelle finesse!!! Quelle beauté!!! Quelle simplicité!!! Il nous fait là la preuve qu'il est de la trempe des musicien, et qu'une batterie peut-être tout aussi mélodique qu'une guitare.
Puis le compte à rebours commence... réveil! Paul en profite pour intercaler une de ses fantaisies (pas la meilleure certe, mais qui ne dénature en rien, selon moi, l'esprit de la chanson). Et puis vient le "Haaaaaaaaaa" de Lennon. Un frisson vous parcourt la nuque. Les cuivres se réveillent soudain, et sur un dernier gémissement de John, la chanson reprend son train initial, avec une batterie plus alerte cette fois (sacré Ringo!).
Reglissendo... mais cette fois, c'est vers un accord parfait (qui résonne tout de même 30 bonnes secondes

) qu'il mène l'auditeur... Le rideau est bel et bien tombé, le spectacle est fini...
Au lit tout le monde, le Sergent Poivre en a fini pour cette fois, mais on peut l'entendre rire et plaisanter avec sa bande dans les coulisses, et on sait que la musique retentira bientôt de nouveau...