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Let freedom sing

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Let freedom sing

Message par Uncle Albert le Dim 16 Mai - 19:31

On aime le rock, le blues, la java ou la country, le flamenco. Bref on aime la musique. Et trop souvent on écoute comme ça en se disant que le thème est chouette, rapidement, dans le métro ou dans le bus. Et on oublie aussi que parfois, les chansons sont écrites pour changer le monde, le cours de l'histoire, les conditions de vie et que leurs interprètes jouent leurs carrières et leur peau en les soutenant.

On m'a prêté un coffret fabuleux

58 chansons sur 70 ans d'histoire des Droits Civiques, de la lutte des noirs-américains pour leur liberté et de (re)découvertes de classiques dans leur contexte historique...

Petit parcours très léger sur le premier disque...

Si Go Down Moses est une chanson que l’on qualifierait aujourd’hui de « traditionnel ». Ce titre considéré comme un Spiritual remonterait en fait à la Guerre de Secession, il était chanté pour donner du courage au "contrabands" (les esclaves évadés, considérés comme "prise de guerre" afin de ne pas être rendus à leurs propriétaires) à Fort Monroe. Le titre inspira William Faulkner.et en France Claude Nougaro qui le chantera sous le titre « Armstrong »


Strange Fruit
Abel Meeropol, un prof juif New-Yorkais écrivit Strange Fruit. Le poème fut magistralement interprété pas Billie Holliday qui en fit une chanson, sinon LA chanson, des plus marquante de l'histoire des Droits Civiques. Ce fut en tout cas la première à s'attaquer de manière aussi virulente aux lynchages. A noter que Columbia Record avec qui Billie était en contrat refusa de produire le titre mais permit à la chanteuse d'enregistrer sur Commodore Record pour un titre et que Billie fut expulsée de Mobile (Alabama) pour avoir essayé de l'interpréter sur scène.
Strange Fruit fut nommé Chanson du siècle par Time Magazine en 1999. Notons également que le professeur devait connaître Théodore de Banville et "le verger du Roi Louis" chanté par Brassens avec qui on retrouve des similitudes.
Southern trees bear strange fruit, (Les arbres du sud portent un étrange fruit)
Blood on the leaves and blood at the root,
Pastoral scene of the gallant South,
The bulging eyes and the twisted mouth,


Imaginez l'impact d'un noir-américain chantant, il y a 50 ans We Are Americans Too. L'enregistrement du titre se déroule fin 1956, en avril quelques suprématistes blancs envahisssent la scène où se produit Nat King Cole an Alabama. Il ne jouera plus jamais dans le sud.
Le répertoire de Cole se compose principalement de chansons d'amour, We Are Americans Too marque un changement radical avec un message fraternel et pariotique. Capitol refusera la sortie du titre. Etonnant non ? L'histoire dit que Cole était à l'époque déjà en discussion pour devenir le premier afro-américain à avoir son show télé et que toute controverse relative à ce single ruinerait les arrangements.

The Alabama Bus

L'une de mes préférées. On revient à un blues très traditionnel qui raconte simplement que Brother Will Hairston ne veut pas prendre les bus d'Alabama. Ces bus, ce sont les fameux bus de Montgomery boycottés pendant plus d'un an par les noirs américains suite au procès de Rosa Parks qui avait refusé d'y laisser sa place à un blanc.
Faut pas se faire d'illusion, le boycott était envisagé depuis un moment, le refus de laisser sa place avait déjà été discuté et organisé. On est dans la mouvance non-violente du combat pour les Droits à savoir taper au portefeuille (on sait qu'il n'y a que ça qui marche en fait). Seul n'avait pas été prévu visiblement que ce serait ce 1er décembre 1965 que Rosa refuserait de se rendre à l'arrière du bus dans la partie noire. Le 5 décembre, Rosa sera condamnée à une amende de... 14 dollars. Il s'en suivra une des plus belle lutte non-violente. Pression sur les chauffeurs de taxi noirs qui faisaient payer le prix du bus pour la course en soutien, collecte de chaussures pour les "marcheurs" et une société de bus à l'agonie après 382 jours de boycott.


Mississippi Goddam
On oublie trop souvent que derrière l'image de chanteuse de jazz talentueuse et un peu rigolote se cache un exocet terrifiant. Nina Simone écrit ce titre en réponse au meurtre de Medgar Evers par Byron De La Beckwith et à l'attentat à la bombe contre une église noire du Mississippi. Nina jouera ce titre sur scène le présentant comme le "titre principal d'un show à venir... show qui n'a pas encore été écrit". Paradoxalement, le thème musical choisi est très joyeux alors que les paroles sont assassines "You don't have to live next to me, just give me my equality!" et que Nina s'en prend non seulement aux lyncheurs mais également aux militants qui veulent y aller doucement croyant que le changement doit se faire progressivement et en profondeur.
Nina Simone jouera ce titre devant 40000 personnes à l'issue d'une des trois marches Selma/Montgomery, lors de laquelle elle passera les barrages de police.


Alabama Blues
Avec Strange Fruit, une des plus déchirantes chansons jamais écrite sur la condition noire aux États-Unis, sur l’Amérike du Klu Klux Klan et des lynchages. Un texte sans appel qui file droit aux tripes : "Je ne retournerai jamais en Alabama, ce n’est pas un endroit pour moi / Tu sais, ils ont tué mon frère et ma sœur, et on laisse ces gens courir en liberté" Alabama Blues fut écrit en 1965 par J.B. Lenoir.
1965. Deux ans après la marche sur Washington d’août 1963 (le fameux "I have a Dream"), le Mouvement semble stagner ou se radicaliser alors que le racisme quotidien se maintient. Malcolm X est assassiné en 64, puis Martin Luther King et le climat est à la répression. Georges Wallace, déclare : « Ségrégation aujourd’hui, ségrégation demain, ségrégation pour toujours. ». JB Lenoir réplique par ce blues très traditionnel dans la forme sinon dans le fond. On ne parle pas ici de femme, d'alcool et de la vie quotidienne mais bien de la condition générale du noir-américain. Contrairement au blues plus traditionnel, il ne parle pas non plus par métaphore et accuse ouvertement. « Tu as mis mon peuple derrière des barbelés. Et maintenant tu essayes de me priver de ma liberté. ».

A Change Is Gonna Come
Loin des Twistin the night away et You send me, Sam Cooke était plutôt mécontent à l'idée qu'une chanson comme "Blowin' in the wind" (présente dans le coffret) ait été écrite par un blanc. Un déclic en 63 se produit chez Sam Cooke, son fils meurt noyé et il sera arrêté avec son groupe pour s'être inscrit dans un "white only" motel. Les paroles de la chanson portent la marque de cette résignation et de l'espoir à venir.
Now I think I'm able to carry on
It's been a long time coming,
but I know a change is gonna come.

La chanson sera présentée au Ed Sullivan Show mais par erreur, la chaîne n'enregistre pas la performance et RCA "oubliera" de la sortir en single. Ce sera fait en face B après un cut de 30 secondes.
La chanson deviendra un hymne et Pitchfork la classe N°3 des chansons les plus importantes des 60's.


The death of Emmett Till

Tout ce que l'on sait d'Emmett Till, c'est que le 20 Août 1965, il est dans le Mississippi pour un séjour chez son oncle. Il se rend chez Bryant acheter des confiseries (c'est assez courant pour un gamin de 14 ans) et que cela lui coûtera la vie. A-t-il sifflé Carolyn, lui a-t--il pris la main ? On ne le saura jamais vraiment mais ce dont on est sûr c'est qu'il sera retrouvé après avoir été frappé jusqu'à en devenir méconnaissable avoir subi plusieurs coups de pistolet et avoir été jeté vivant dans la rivière, un ventilateur de machine à trier le coton attaché autour du cou avec du fil barbelé. Un témoin avouera avoir entendu les cris d'Emmett Till pendant des heures.
Le corps fut rendu à la mère, dans un cercueil cloué que la mère ouvrira elle-même devant le refus des employés des pompes funèbres. Durant toute la cérémonie le cercueil restera ouvert afin que tout le monde constate les atrocités commises sur son fils.
Lors d'une délibération (fleuve) de 57 minutes les deux meurtriers seront acquittés par 12 blancs. Dès la sortie du tribunal, ils avoueront être les auteurs du meurtre, nul ne pouvant être jugé deux fois pour le même crime.
La chanson est peut-être la plus chargée historiquement. Elle sort un an après les faits, n'aura que peu de succès (peu de radio ayant les c##### de la passer) et sera suivie d'autres chansons comme celle de Bob Dylan.

Uncle Sam Says
Josh White, un des plus grands auteurs compositeurs de protest songs, poursuivi par le KKK, inquiété par McCarthy. Dans la biographie "Here comes the sun" il est rappelé qu'un des souvenirs de George Harrison était de jouer pour sa famille One Meatball de Josh White. Josh White deviendra ami proche de Franklin Roosevelt et jouera à la Maison Blanche. Le président lui demanda : "La première fois que j'ai entendu `Uncle Sam Says,' j'ai pensé que vous faisiez référence à moi comme Uncle Sam....j'ai raison?"
White : "Tout à fait, je vous ai écrit cette chanson qafin que vous constatiez comment les noirs-américains sont traités dans l'armée américaine... et ce n'est pas la première chanson que je vous écrit".

Née sûrement trop tôt, The Hammer Song (If I Had A Hammer) est une chanson contestataire écrite par Pete Seeger pour The Weavers. Reprise quelques années plus tard par Peter Paul and Mary, Trini Lopez et un inculte twister qui en fait un tube yéyé en lui ôtant tout le côté contestataire... sous le titre "Si j'avais un marteau"...

Voila, il y a trois cd comme celui-ci pour vous donner une idée le deuxième commence avec 40 acres and a mule et le troisième avec The revolution will not be televised que je considère comme incontournable chez les incontournables...

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Uncle Albert
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